
L’auteur et son roman
Alina Reyes est née en 1956.
En 1988 parait son premier roman, Le Boucher dont l’érotisme bien affirmé, séduidant ou choquant, défraye la chronique.
Depuis Alina Reyes n’a cessé d’écrire ni de publier : sa bibliographie compte plus d’une vingtaine de romans ou d’essais, des ouvrages collectifs et de nombreux articles dans différents journaux et sur le net.
Alina Reyes place le corps, (le corps féminin en particulier) au centre de sa pensée romanesque, poétique. Compris comme cinq sens à dévorer amoureusement le monde, il est goûté et interrogé sans relâche, tantôt avec violence et sauvagerie, tantôt avec humour et tendresse faisant de la sensualité une expérience humaine « solaire », véritablement métaphysique.
Poupée, anale nationale, autre source de controverses très violentes parmi les lecteurs et la critique, a été publié en 1998. S’il est un roman beaucoup plus politique, il n’en décrypte pas moins un corps féminin : en en amplifiant avec une joyeuse férocité ses cotés les plus inavouables, Alina Reyes imagine les conséquences du passage de ce corps monstrueux de la sphère intime à la sphère publique. La gourmandise ludique et sensuelle se métamorphose ici en une absurde, pathétique et effroyable anthropophagie politique.
« ... J’écrivis ce livre comme les autres, d’instinct et pratiquement malgré moi, comme si j’étais un bras armé de notre société, comme si on m’avait arrachée à la douceur de mon foyer pour m’envoyer au front, mettre des gros mots sur nos angoisses collectives, comme si j’avais été sacrifiée d’avance, puisque ensuite bien sûr plus personne ne voudrait entendre parler de moi, et du sale boulot dont on m’avait chargé. »
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