« Poupée, anale nationale »
Déconcertante à l’extrême.

Les spectateurs étaient prévenus, ils n’ont pas été déçus. La pièce « Poupée, anale nationale » n’y va pas avec des pincettes pour dénoncer l’extrême droite. Une pièce déroutante qui explique sans doute la forte affluence qu’a connue le Gueulard.
« Chacun à sa place. Léfamélésenfants au foyer. Les immigros, dans leur pays. Lésouvrillés, à l’usine. Exétéra. Toupropre, toubienrangé, ça serait pas beau ? (...) mon programme : grand nettoyage général ! tous ces étrangers qui viennent nous prendre notrepain, nofemmes, notreboulot, dehors ! » Provocatrice et violente, voilà comment on pourrait qualifier la pièce de théâtre jouée devant une soixantaine de personnes, vendredi soir au Gueulard de Nilvange. Mais nécessaire pour dénoncer ce mal qui s’est installé dans note démocratie : la peur de l’autre.
« PAN » raconte ainsi de manière archi caricaturale, la vie d’une femme, Poupée, fascinée par le fascisme. Pas étonnant du coup que cette blonde platine, régressive et a-culturée, analphabète et bloquée au stade enfantin du caca, soit l’épouse du leader d’un parti nationaliste, le Tronc. « Le Tronc, c’est tout ce quia de plus moderne dans le pays. Contre l’ouverture des fronthiers, contre le rip-rop, contre les cocoboys, contre les amerltocs, contre les bounouilles, les négrichons, les youplaops, les gnangnanquoués, les marxistics, les maçonics, les politics, les médiatics, les artistics, les sidatics, les pédaltics, les chatagouines, les zagrappeurs, toute cette merdicule. Nous sommes le parti le plus moderne de la nation, le seul qui progresse aux élections, partipir de l’avenir. »
Plutôt cru.
On le voit, un beau pamphlet conte l’extrême droite et plus particulièrement contre le front national. Mais une diatribe choc qui joue à fond la carte de l’outrance. Obsédée par la propreté de son corps et de son environnement, Poupée a tellement peur de l’autre, de tout ce qui peut atteindre sa minuscule bulle, qu’elle ne veut pas avoir d’enfants. L’accouchement constitue une atteinte à son intégrité, et le summum du malaise est atteint lorsque Poupée, une nouvelle fois enceinte sort une paire de ciseaux. On va vous passer les détails. Un spectacle vraiment cru, mais ayant plu à l’assistance. Comme l’ont témoigné la plupart des personnes interrogées. A l’instar de Marie Le-Goues une Messine de bientôt cinquante printemps : « Sur le fond, c’est engagé ; Sur la forme, ça ose. Mais l’actrice (Heidi Brouzeng en résidence à Florange) était excellente. Elle montre les fausses bonnes idées drainées par l’extrême droite et le quidam moyen. ». Quant à ce spectateur il avait du mal à donner une impression. « il faut digérer la chose ».

G.I.
Républicain Lorrain7 juillet 2006


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Copyright©Escabelle.com 2007 - Poupée, anale nationale d’après le roman d’Alina Reyes
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