catastrophe théâtrale musicale et sulfurieuse

« ...j’ai toujours soutenu que ce texte n’était pas seulement une farce sur l’esprit fasciste, mais aussi, et c’est pourquoi cela embêtait tout le monde, sur quelque chose d’immonde qui est sérieusement à l’œuvre dans nos démocraties ».
Alina Reyes- février 2005 / journal

Le livre est ici adapté dans une forme théâtrale et musicale à l’esthétique directe et mordante, proche du cabaret ou d’une sorte d’oratorio rock très contemporain qui combine la jubilation du cabaret (politiquement très sensible) et l’effroi du théâtre antique, qui est à la fois sérieuse et délirante, à la fois belle et sale... subversive, diffamatoire, ubuesque.

En laissant le texte en avant, avec un certain dépouillement scénique, il s’est agit pour nous de restituer cet esprit farcesque, presque traditionnel, avec sa force de scandale, son obscénité jubilatoire, et si l’on y regarde de plus près, ses cinglantes « leçons de choses».

Unecomédienne, au micro pour le récit "prosélytique", outrancier, grotesque, absurde. Sans jamais perdre la narration, comme une blague atroce qu’elle voudrait jusqu’au bout raconter au public, elle joue à être Poupée : régressive et aculturée, maniaque, narcissique et capable en toute innocence de déplacer son intime à l’échelle nationale pour construire une politique du nettoyage...

Un musicien, guitariste de culture rock (aux influences Capitain Beefheart, Iggy Pop,...). Sa guitare électrique, sensuelle et tranchante, rythme le récit, en mesure et démesure. En contrepoint au texte, elle élabore un autre récit, onirique, qui ouvre à des sensations inattendues sur le sens du texte, son rythme, sa musique interne.

Blanc sur noir, la légèreté du dispositif scénique, se joue de la machinerie théâtrale et permet de travailler sur la suggestion de tous les espaces réels et imaginaires : le meeting politique, le boudoir feutré, un concert de rock, la salle de bain javellisée ou baignée de sang, la forêt...

Petit à petit, entraînés par les modulations de la logorrhée exubérante de Poupée, les corps entrent en métamorphose sous la lumière... Le cabaret laisse alors place à une danse de mort qui est comme une autopsie dans la chair même, des pulsions, de la détresse, de la folie… c’est là, dans cette possible reconnaissance d’une humanité livrée à nue, pathétique, que le  rire vient aussi parfois faire froid dans le dos.


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Copyright©Escabelle.com 2007 - Poupée, anale nationale d’après le roman d’Alina Reyes
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